17 oct. 2011

La masse de trucs à raconter

Ça fait à peine une semaine que je n'ai pas publié, et pourtant j'ai la masse de trucs à raconter. Genre vraiment beaucoup, et pas que des anecdotes à la noix. Je vais donc essayer d'en oublier le moins possible et d'être clair. Or devant la multitude et la variété des histoires que je m'apprête à raconter, donner une cohérence au texte semble ardu. Je vais donc ne pas en donner, et rédiger les paragraphes dans un désordre aussi chronologique que logique.

Sur la route je ressentais déjà l'excitation que procure le ski: en effet le show se situait tout en bas, au bord du lac, à une quinzaine de minutes à vélo. Le problème c'est que le vent soufflait fort et était plutôt glacial. Je me retrouvai à pousser pour avancer alors que j'étais en pente, un peu comme quand on passe un col en ski sous un temps de merde et qu'on a peur de tomber dans le ravin sur la droite parce qu'on ne peut plus voir les filets oranges. Un grand moment.


Montréal c'était plutôt génial. Outre le fait que des potes à moi s'y sont agglutinés, c'est aussi une sorte d'Amsterdam de l'Amérique du Nord. Il faut savoir qu'à Toronto, tous les mecs un peu ghettos ne jurent que par Montriol, la ville où tout est permis. Et en effet, cette ville, c'est de la grosse folie: on peut acheter de l'alcool dans n'importe quel supermarché jusqu'à 11 heures, et les bars et boîtes ferment à 3h !! Énorme, non ? 
Bref, j'ai pas vu la lumière du jour ce week-end là.

Mon nouveau t-shirt
Pour aller de la station de bus à chez moi, il y a une bonne vingtaine de minutes à vélo en côte. Autant vous dire qu'à 6 heures du matin dans un état que l'on aurait du mal à qualifier de sobre l'exercice s'est révélé pour le moins dangereux - d'autant que je transportait avec moi ma valise carrée très compacte et très lourde. Ça n'a pas manqué, je me suis étalé sur College St, ma roue avant s'étant mystérieusement détaché. Je pense que quelqu'un a essayé de me la voler pendant le week-end, mais j'avais prévu le coup et installé mon super antivol de manière a ce que ma roue ne puisse être enlevée. La valise n'a pas survécu et je la découpai une demi-heure plus tard pour en extraire le contenu.


Megabus c'est vraiment super: je suis parti à Montréal pour une cinquantaine de dollars aller-retour, et j'avais le wi-fi dans le car. En revanche, chose à laquelle je n'avais pas pensé, j'aurai dû penser à prendre une bouteille d'eau. J'ai beaucoup souffert jusqu'à l'arrêt à Kingston où des rafraîchissements nous étaient proposés par un personnage que je suppose historique, à savoir une dame trop grosse pour rentrer dans le cadre de la porte du car (pourtant large) mais possédant la voix la plus aigüe que j'avais jamais entendue, enfants compris.


Et là moment de l'angoisse: alors que nous avions enclenché le mode pyrolyse pour nettoyer simplement le four rendu dégueulasse par l'énorme dinde cuite la veille, des flammes sont apparues à l'intérieur de ce dernier. Nous ne réagissions pas immédiatement, pensant qu'il n'y avait pas de raison de s'inquiéter, jusqu'à ce que le produit nettoyant appliqué sur la gazinière se mette à frire et la fumée toxique et brûlante provoquée par cette friture à envahir la maison. Par réflexe nous éteignions le four, mais différents forums Internet nous ont bien indiqué que c'était sacrément dangereux, surtout quand le gaz se met à chauffer anormalement. 


Arrivé au Toronto Ski Show, le plus grand salon nord-américain sur la montagne, c'était le rêve: des mecs stylés partout, des skis moitié prix, des fringues de neige moitié prix, une piste de ski-park intérieur où des foufous enchaînaient les tricks de folie. Bref le rêve. J'ai dépensé beaucoup tout en faisant de bonnes affaires: une paire de Fischer RC4 (neuve), un pantalon de ski, des gants Gore-Tex en cuir sur le devant, un masque de ski. À part les skis qui sont de très bons skis, le reste étaient vendu à un prix ridiculement bas (-75% en général).

Toronto Ski Show
 On avait trois occasions de mourir pour de vrai ce soir là: que le gaz prenne et fasse sauter la face Est de la maison, que nous nous rendions pas compte de la fumée (on a désactivé l'intégralité des alarmes incendie) et que nous mourrions intoxiqués, ou bien finir par ouvrir le four pour inaugurer l'extincteur et nous prendre un énorme retour de flamme dans la gueule - idée qui nous a sérieusement traversé l'esprit. De cet épisode peut être développé un constat simple mais terrible: sans Internet et l'espèce de Doctissimo version accidents domestiques que nous avons consulté nous serions morts. 


Quand j'ai pris mes billets pour Montréal j'avais pas réalisé que le lundi suivant le week-end en question était férié, Thanksgiving canadien oblige. Du coup je me suis retrouvé à 6h du mat' à Toronto pour rien, puisque j'avais pas cours. Mais le point positif est que du coup j'ai pu participer au superbe dîner de Thanksgiving orchestré collectivement et mis en œuvre chez moi. Au menu: énorme dinde, soupe de potirons, purée de citrouille à la cannelle et aux nachos, purée de pomme de terre, coulis de canneberges, rognons de porc (je crois), champignons, maïs, tarte aux pommes, maté. Le tout fait maison. Moi j'ai fait la vaisselle.

Dîner de Thanksgiving: le moment où tout a dérapé
Et alors je me suis rendu compte que je ne pourrai pas voyager des masses du fait que je n'ai aucune vacances de toute l'année et qu'il est peu probable qu'en mai il me reste du fric. J'envisage quand même de retourner en France par l'autre coté, c'est à dire en passant par la Californie, l'Australie, l'Asie et l'Europe de l'Est, faudra que je vois notamment avec le niveau de flexibilité de mon billet flexible. Je vais quand même tout faire pour partir à Whistler en Février, ça s'organise lentement. 


J'étais logé à Montréal chez Hortense, fille la plus gentille du monde dans la mesure où elle m'a logé alors que je lui avais fait croire que j'allais à la Fistinière. Benjamin Hoché de Montfort a récupéré son dollar. Quelqu'un est parti de chez Clémence Bourillon et Guillaume Allenet avec mon bonnet cadeau de Noël. Le Saint Sulpice est un grand bar où le pichet coûte 9,75$. La vieille ville ressemble à un sous-centre ville de sous-ville de province, d'ailleurs les québecois disent "chocolatine", ce qui fait très province. J'ai eu plus de facilité à communiquer en anglais qu'en français. Il est très dur de trouver à bouffer à 5h du matin. Je ne suis pas sorti des 3 ou 4 rues qui composent le quartier des bars.


En plus Megabus c'est moins cher et plus rapide que Greyhound, le cumul étant assez avantageux. Quelques dizaines de dollars pour n'importe quelle ville de la côte Est. L'aéroport de Buffalo est également accessible pour une poignée de dollars, et de là l'aller retour vers la Californie est à 300$. J'ai également des capacités généreuses d'hébergement dans une grande maison en centre-ville, à mi chemin entre le premier spot de bars de la ville et le deuxième spot de bars de la ville. Just sayin'.

4 oct. 2011

Le week-end à Algonquin Park

Ce week-end je suis allé à Algonquin Park. C'était coolos ! Situé à 250 km de Toronto, c'est un immense parc naturel complètement sauvage qui s'étend sur plusieurs milliers de kilomètres carrés (soit des centaines de milliers d'hectares). Une route le traverse tout au sud, mais en dehors de cela c'est un réseau complètement vierge de lacs et de forêt, où le seul moyen de transport est le canoë. Récit-photo, pour une fois.

On a beaucoup hésité avant de partir, car la météo annonçait de gros orages et des températures très froides. Et on a eu peur sur la route, car ces prévisions s’annonçaient correctes: une grosse pluie est tombée pendant quasiment tout le voyage. On avait loué une voiture pour l'occasion, on avait donc prévu d'y dormir.

Finalement en arrivant il ne pleuvait plus (il neigeait). On a donc décidé d'installer les tentes dans un endroit un peu tranquille. On s'est alors rendu compte qu'on en avait oublié une tente, et qu'il faudrait donc dormir à 6 dans une tente pour 4 installée en pleine nuit à la lueur des phares. Ce qu'on fît.
Le lendemain matin, au réveil, on tombe sur ça: des érables de toutes les couleurs et un ciel plutôt correct. Il faisait encore froid le matin, les affaires de ski n'étaient pas de trop. Mais on était tout excité et on décida de commencer à marcher pour grimper une montagne pas loin.

En arrivant en haut: Paf ! Prend ça dans ta gueule, Humain.

Là, c'est moi qui tire la langue.

Là ce sont mes copains.

Après avoir vu ce magnifique paysage d'en haut, on voulait retourner dedans et notamment aller vers ce lac qu'on voyait au loin. L'idée était de trouver un canoë une fois là bas et d'avancer un peu.


Finalement on est allé à un autre lac plus près mais tout aussi joli. Il y avait une petite plage sur laquelle on s'est installé pour pic-niquer. On a bu le maté, thé traditionnel argentin. On a mangé des sandwiches. Un groupe est allé grimper sur une colline au bord du lac pour voir s'il y avait une jolie vue. Moi j'ai préféré profiter un peu du lac et de la chaleur. J'étais en effet torse-nu !

Bel exemple du dégradé de couleur spécifique à l'automne canadien. C'était tellement stylé qu'on a décidé d'installer la tente au bord du lac. Ce qu'on fît (en fait on s'est installé un peu plus dans les bois, pour des raisons pratiques).

Et voilà le lac la nuit. Je vous dit pas comme j'en ai chié pour prendre cette photo: il fait -2°C j'avais les mains gelées. Je vous dit pas non plus à quel point elle ne reflète pas le dixième que ce que ce spectacle nous offrait.

Avec des branches trouvées à terre et un briquet on a décidé d'allumer un feu, pour se réchauffer et pour faire griller quelques saucisses. On avait aussi du vin. J'ai cramé un bout de ma Converse droite en me réchauffant les pieds, mais au final il faut admettre qu'un feu, c'est vachement efficace - même rien ne vaut une tente pour quatre partagée par 6 pour avoir chaud, ce qui nous incita à partir assez tôt nous coucher.

Le lendemain matin on est allé voir des rapides plus à l'est. Nommés Whiskey Rapids sur la carte que l'on avait en notre possession, ils avaient l'air cools - mais n'étaient en fait pas méga impressionnants. On a cependant rapidement aperçu un castor qui fabriquait son barrage tranquillou, ainsi qu'une grenouille. Ce qui est plutôt triste dans un parc réputé pour sa population d'élans, d'ours, de loups, de wapitis ou de caribous. Au niveau wildlife on a donc pas été gâtés, mais c'était quand même un sacré week-end. La météo un peu moins favorable que la veille et la déception causée par les rapides nous a amené à récupérer la voiture pour partir. Nous avons donc quitté le parc en direction de Toronto, avec cependant la volonté de s'arrêter au hasard sur le chemin. Nous nous sommes arrêtés à Barrie, une ville plutôt pauvre d'une centaine de milliers d'habitants au bord d'un lac, sans intérêt autre qu'anthropologique. Après un couteux mais copieux menu burger, poutine et budweiser dans le bar redneck du coin, nous sommes rentrés vers Toronto, la civilisation.

29 sept. 2011

Les escapades chez Ikea et sur les îles

Yonge & Dundas, le Times Square local
Au cas où vous ne le seriez pas: après trois semaines d'errance dans les rues de cette grande ville nord-américaine à la météo bizarre, j'ai enfin emménagé. Dimanche, en effet, j'ai pu enfin me promener tout nu dans une chambre qui n'est que la mienne, j'ai pu faire des courses en quantité un peu plus importantes que ce que la main peut contenir, j'ai pu aller à la laverie, j'ai pu choisir la tronche qu'aurait ma chambre. Bref, mon année commence enfin.

Mais pour cela, il a fallu que j'aille chez Ikea. Or les Ikea sont les mêmes partout dans le monde: grands, et loin. Le problème c'est que quand quelque chose est loin à Toronto, il est vraiment très loin. Direction donc la banlieue ouest, tout au bout d'une ligne de bus accessible depuis la toute dernière station du métro le plus long. J'arrive à Etobicoke, à mi-chemin entre Toronto et Mississauga.

Le premier constat que j'ai pu faire est le radical changement d'ambiance avec le très chicos Yonge / Bloor corner. C'est le genre d'endroit où les gens s'habillent comme dans les années 1980, ou plutôt portent les mêmes affaires qu'ils portaient dans les années 80, parce qu'ils n'ont pas le choix. D'ailleurs, ce sont des gens qui visiblement n'ont pas eu très souvent le choix dans leur vie. Etobicoke, c'est le vide. Des magasins qui sont en fait des hangars, accessibles uniquement en voiture, séparés les uns des autres par une bonne centaine de mètres de parkings et boulevards. 

On peut dire que l'on est au cœur du multiculturalisme canadien, car j'ai l'impression que c'est bien ici qu'il faut venir pour voir de la couleur. Entendez moi: ça n'est pas un ghetto, ni un quartier black - c'est simplement une banlieue où vivent les classes moyennes inférieures. C'est pas non plus la misère, il n'y a pas de meth addicts comme on peut en voir à Cabbagetown (où je compte aller bientôt) ni de gangs. Du moins j'en ai pas vu. 


Bref, dans ce décor très glam de voies ferrées et autoroutes à quinze voies (oui, quinze), il y a un Ikea dont le design passerait presque pour élégant à coté des opticiens grands comme un Auchan (Hakim Optical) et des magasins de pneus. J'en ai eu pour $173.18. J'ai acheté 16 cintres, 2 serviettes de bain, un drap-housse, un oreiller, un petit miroir, un petit réveil, une lampe de bureau, un trieur de bureau, une corbeille à papier, une passoire, 10 piles LR-6 et 2 ampoules.


Et j'ai pas fini d'acheter, vu que la literie achetée neuve pour une cinquantaine de dollars chez Honest Ed's, le magasin le moins cher du monde, s'est trouvée être sale et tachée (de sang!). C'est à ce moment que j'ai décidé d'arrêter de jouer l'étudiant fauché. Le week end prochain je pars donc avec des amis dans un parc naturel sauvage immense. Pas de route, pas de réseau, pas de parcours-santé: Algonquin Park, c'est la forêt à l'état pur et des centaines de lac. Le principal moyen de locomotion est le canoë et la boussole. On part se les cailler là bas un week-end, on va camper.


Sinon, pour achever de raconter ma vie dans le désordre, j'ai enfin visité les îles de Toronto. Pour ceux qui ne le savent pas, les diverses photos du skyline de la ville ne sont pas prises depuis un bateau lambda, mais depuis une série d'îles situées juste en face, à environ 1 mile. Je pensais qu'aller là bas c'était un peu l'expédition, mais en fait rien à voir, c'est très facile: un ferry qui part toutes les demi-heures et qui fonctionne jusqu'à tard. 


Nous nous sommes retrouvés dans un véritable oasis de verdure dans l'océan de béton qu'est cette ville typique d'Amérique du Nord. L'occasion de se ressourcer, de se concentrer sur soi dans un effort d'introspection loin du tumulte citadin et de la cohue. Oui, les deux phrases qui précèdent sont récurrentes dans les blogs de voyage kitsch lorsque sont abordés Central Park, Hyde Park ou le Bois de Vincennes. On pourrait les résumer en "l'endroit idéal pour fumer des pétards et violer des gens dans les buissons". 

Depuis un banc dans les Toronto Islands
À la différence notable que Toronto n'est pas une ville si bétonnée que ça. Je sais pas si je vous l'ai dit, mais à part les principales artères et les quelques blocs du quartier financier la plupart des rues sont complètement vertes, entourées de jardins fleuris et pleines d'écureuils. Il y a fort à parier que ce décor sera beaucoup moins idyllique cet hiver, mais quoi qu'il en soit on n'étouffe pas à Toronto. Il y a d'ailleurs en bonus plein de grands parcs, comme High Park, Coronation Park, Don Valley, Tommy Thompson Park, Sunnybrook Park et bien d'autres. À chaque fois ce sont des forêts plutôt sauvages, mais là je parle sans savoir parce que j'en ai pas encore vu le quart du tiers.

Depuis le dock, il m'en fallait au moins une comme ça

Ou deux

24 sept. 2011

Le coup de l'antivol pété



Vous vous souvenez quand j'ai parlé de ma consommation de substances nocives à la baisse ? Bon ben c'était des conneries. Enfin non, j'étais vraiment parti pour fumer et boire moins (pour des raisons financières), mais entre temps j'ai découvert que le pitcher de bière (environ 4-5 pintes) était à $10 et que les Pall Mall bleues coûtaient $5,50. Soit moins qu'en France. C'est débile mais c'est comme ça: ici les prix varient du simple au triple selon les marques, le détaillant et la gueule du client.

Ainsi donc ai-je pu reprendre paisiblement mon rythme habituel de débauche et de blasphème, me permettant comme ce soir de rédiger de manière totalement détachée mon article à 7 heures du matin. Avant de me coucher. Enfin là c'était spécial, c'est parce que je suis allé voir France-Nouvelle Zélande, un match durant lequel le jeu français était encore moins cohérent que celui du VII du Béluga. Mais les Catalans (d'adoption) ont eu l'occasion de se faire remarquer, c'est le principal.


Enfin bref, l'idée de l'article était ni de parler fête ni de parler rugby: comme le titre l'indique, je souhaitais parler cyclisme. Une discipline méconnue, parfois même dénigrée, mais qui a son charme - surtout dans une ville où un trajet à pied ne peut durer moins de vingt minutes. Je sais pas si je vous l'ai dit mais le premier réflexe que j'ai eu en arrivant a été de m'acheter un vélo. Je l'ai acheté $125 sur Craigslist, avec l'antivol ça m'a fait $150. Honnête, c'est une belle bête.

Pour l'antivol j'étais allé chez Mike the Bike, l'adresse conseillée par la plupart des rapports de stage disponibles sur le site de la DAIE. J'aurais dû me méfier que, à l'instar des budgets proposés par ces mêmes rapports, la coolitude de l'endroit était bullshit. Déjà ils te vendent des bouzes à 300 balles, l'air de rien, en t'expliquant qu'ils les ont soigneusement retapés et que franchement je pouvais rouler en sécurité avec. C'est vrai que si je me prends un taxi dans la gueule, le fait que la chaîne soit neuve me sauvera sûrement l'arcade sourcilière

Bref, après avoir acheté mon vélo j'y suis allé pour un antivol. Un antivol c'est un antivol, y'en a pas cinquante différents (pensais-je). J'ai donc pris un modèle tout dur à $25, modèle qui s'est avéré effectivement très efficace: tellement efficace que même moi je ne pouvais plus détacher mon vélo. Enfin pas dès l'achat, trois semaines plus tard, un jour de pluie, après les cours. Le truc pratique quoi.

C'était lundi dernier. Après avoir essayé pendant une demi-heure de tourner cette putain de clé dans cet enfoiré d'antivol, sous la pluie et à la fin dans le noir, je me suis résigné à rentrer à pied. Vous imaginez l'état de rage dans lequel j'étais à ce moment là, prêt à tout casser. Je me suis donc défoulé en achetant une boite de bonbons acidulés. Un achat que je n'ai pas regretté, ils étaient effectivement pas mauvais (meilleur que la baguette chez Chabichou) (c'était pour voir si vous suiviez).


Plus tard sur le chemin je rencontrai un magasin de vélo. Le mec dedans avait l'air coolos, et était effectivement sympa puisqu'il m'a proposé de revenir à la fermeture pour qu'on aille péter l'antivol ensemble, à la scie électrique (à ce moment là je le savais pas, je connaissais pas le mot scie électrique en anglais). Je suis donc allé jusqu'au Subway manger un sandwich à $13 avec un bébé paquet de chips et une boisson et suis revenu.


Je me rends compte que mon récit doit être sacrément chiant finalement. Je vais donc faire court: en gros j'ai appelé les flics pour éviter de me faire arrêter pour braquage de vélo. Ils m'ont répondu qu'ils s'en battaient les couilles et qu'ils viendraient nous arrêter si quelqu'un appelait. On a galéré à trouver une prise électrique. Ils sont pas venus nous arrêter. Je suis reparti avec mon vélo et l'antivol explosé sous le bras. Le mec m'a demandé $20 pour ça. Le lendemain je retournais chez lui pour acheter un antivol mieux à $50. Mon vélo m'a donc coûté au final $220. Je me suis rendu compte que le pneu arrière avait un souci et qu'il faudrait le changer. Je ne le changerai pas parce que merde.


Sinon je suis à Montréal du 6 au 10 octobre, à New York du 10 au 16 novembre, sûrement à Washington début novembre, j'essaye de m'organiser une semaine à Whistler en Janvier, Lou vient me voir à Noël, j'irai faire du chien de traineau sans doute à ce moment là, j'aimerai aller en Californie, j'aimerai aller à la Nouvelle Orléans pour mardi gras, j'envisage aussi Cuba. Ça c'est le coté coolos de la 3A, même si pour le moment ça se résume surtout à faire chier HSBC.


La prochaine fois j'essayerai de vous raconter les cours, histoire de rassurer papa et maman et d'assurer le coup au cas où la DAIE tombe là dessus.

17 sept. 2011

La vie y est un peu moins chère qu'à Paris intramuros

Mon cul! Tous les rapports de stage sur Toronto décrivent un coût de la vie correct, où la bouffe est cheap et les voyages illimités dans tous les sens parce que les bus ça coute rien. C'est pas vrai. J'ai à peu près dépensé deux fois mon budget pour le mois de Septembre en deux semaines, et j'ai pas encore acheté les textbooks qui coûtent 2 à 3 dollars la page. Bref, la vie coûte cher. 

En fait le coût de la vie au quotidien on fait avec, c'est quand même bien moins cher qu'à Sèvres-Bab et j'ai survécu pendant deux ans. Non, en fait là je suis hors de moi pour une histoire bien particulière. Je vais la raconter, ça fera rire, mais bon. En gros hier je suis allé à Kensington Market pour me faire un petit-déj à la catalane: des xurros amb xocolata. Finalement j'ai eu la flemme (ils avaient pas l'air bon) et j'ai pris un magnifique muffin maison et un expresso qui tenait la route (le tout pour 5 dollars, quand même).

C'est après que ça se corse (lol (le café)): je suis passé devant un magasin de fromages. Il y avait plein de fromages, ça sentait bon, j'étais en confiance. Je voulais du fromage, mais je savais pas lequel. J'ai hésité à prendre du manchego, mais ça coûte un bras. Je me suis donc tourné vers un fromage moins cher, de l'etorki. C'est un fromage basque qui coûte 2 ou 3 euros la barquette plastifiée dans n'importe quel Franprix. Ici, ils te le vendent comme le fromage du siècle, prennent le temps de te le faire goûter dans un cérémonial un peu ridicule avant de t'en couper une part sans que t'aie ton mot à dire. Je me suis donc retrouvé avec une part un peu plus petite que la précitée barquette plastifiée, mais à $14. Voilà. Autant dire que depuis je le fais durer.

Pour le prix de deux menus complets chez Burger King, ça me faisait chier de bouffer mon plus si vulgaire etorki sur du pain de mie. Alors je suis allé chez le traiteur français du coin. Vous savez ces Français un peu beaufs qui ouvrent des boutiques en Amérique pour y faire passer les Petits Lu, le Savane et les Croque Monsieur pour des produits de luxe ? On les voit des fois l'été dans Capital spécial Quand la France s'exporte. Bref, l'un d'entre eux, jeune requin boutonneux portant un t-shirt street-wear Le Temps des Cerises délavé, m'a vendu une demi-baguette sans sel (je l'ai su qu'après) à $1,75 hors taxes. 

Le pain était de la veille et le fromage avait vécu. Je n'ai même pas apprécié ce casse-croute à 20 dollars. Et comme j'avais encore faim, je suis ressorti m'acheter un hot-dog à $2,5 dans la rue. On mets autant de condiments qu'on veut dedans. Avec une poutine et une cannette d'Arizona (le soda le plus light que j'ai pu trouver) t'es calé pour la soirée. T'es content. Évidemment je préfère claquer un peu plus et manger moins mal, mais j'arrête la bouffe française

D'ailleurs j'ai arrêté pas mal de chose. Je bois quantitativement deux à trois moins qu'en France (surtout à cause des prix élevés et du goût dégueulasse) et, tenez vous bien, je fume précisément 10 fois moins ! Par exemple je n'ai pas fumé une clope pendant mes trois jours d'angine (relation cause-effet avec la courte durée de cette dernière évidente) et je fume rarement plus de 3 ou 4 cigarettes par jour. Récemment mes parents ont trouvé l'adresse de ce blog, d'où ce paragraphe. Lire le paragraphe suivant est moins nécessaire, maman. 


Bon puisqu'on est entre nous laissez moi vous raconter la putain de soirée de malade que j'ai fait hier. En gros on a invité tout le groupe à la colloc, on avait des quantités énormes d'alcool. On a fait un waterfall pour commencer, puis un cap's, et enfin une bataille de teinture pour cheveux difficilement délébile sur les murs. C'était drôôôle. Le lendemain on a retrouvé des capsules partout (classique), des bouteilles vides (classique), des morceaux de fromage basque (voir paragraphes précédents), de la peinture rose sur les murs (moins classique), des bouts de verre (plus badant) et un anglais dans le pouf (complètement mort, mon futur roommate).


Je suis allé trop vite en besogne, j'ai oublié le plus drôle. Après un évènement un peu badant, le groupe a décidé de bouger vers un bar / un pub / un club / on s'en branle mais on bouge. Ce qu'on fît. Nous sommes allés avec JC dans un bar pour se faire un pinchet et parler gonzesses avec un beauf assis à coté avec sa meuf. C'est à la sortie que ça se complique. Nous avons découvert que notre quartier prenait feu tous les vendredis soir. Des mecs extrêmement bourrés courraient partout, traversaient la route sans regarder à gauche et à droite et se battaient au premier degré sous le regard amusé de videurs un peu trop instruits pour plonger dans la mêlée en rigolant. 


Dans tout ça j'ai été abordée par une nana qui voulait m'acheter une cigarette. Après l'avoir averti que les Camel françaises c'est des cigarettes d'homme et que donc non j'ai accepté et nous avons discuté. Elle m'a offert une des trois cigarettes qu'elle m'avait acheté (concept étrange) et a commencé à me dire qu'elle était recruteuse chez Rogers (le Bouygues local) et qu'elle cherchait des bilingues. Bref, je me suis vu proposé un potentiel job à $50,000 l'année et/ou une baise en fumant une clope bourré à la fermeture d'un bar. Vu qu'elle est moche et que j'ai un visa étudiant, je la rappellerai probablement pas. Mais l'anecdote est croustillante.


Après je suis rentré, il était 3h du matin, c'est à dire 9h du matin en France. Je me suis dit que c'était l'occasion d'appeler ma mie, ce que je fît. Tombant sur la messagerie j'en ai profité pour bavarder avec des amis sur Facebook. Je sais que ça vous passionne. C'était des Fils. À 6 heures du matin j'ai pu joindre celle qui en plus d'être à l'AS et Chef Ultra est dorénavant Capitaine de l'équipe 2 de hand ! 

Bref, j'ai passé une longue journée.

15 sept. 2011

La tête dans le cul

Le réveil a rarement été aussi douloureux que ce matin. Oui parce qu'hier il se trouve que j'ai trouvé un endroit où vivre pendant mes 8 mois ici, ce qui bien évidemment se fête. Je ne pensais malheureusement pas, au moment où je buvais mes pintes, que ma gorge me piquait depuis le matin. Or la combinaison gueule de bois + angine est terrible au réveil, et aucune pinte d'eau ne peut y remédier. Je suis donc actuellement malade, chose qui me déplait fortement mais qui a l'avantage de me donner l'occasion de parler santé et de vous expliquer comment vous la détruire si vous partez au Canada.
 
Le Canada et l'Amérique du Nord en général a pour particularité de coûter très cher aussi bien pour se démolir que pour se soigner ensuite. Comptez ainsi une bonne quarantaine de dollars canadiens pour une race à la bière, une bonne vingtaine si vous préférez les alcools forts. Divisez les coûts par deux si vous êtes à jeun. Bref, grosso modo la pinte est à 6 ou 7 dollars au bar et le pack de six à 10 dollars au magasin de liqueurs.

Tiens d'ailleurs parlons en: LCBO et autres Beer Store. Quand je suis arrivé je suis passé devant un Beer Store en taxi, je trouvais ça sacrément stylé. Puis j'ai compris qu'en fait on ne pouvait acheter de l'alcool qu'exclusivement dans 3 ou 4 distributeurs particuliers, et que ceux-ci avaient depuis longtemps fourré la main invisible de Smith dans le cul des jeunes alcooliques que nous souhaiterions devenir.

Je suis en train de m'égarer mais c'est pas grave vous remettrez mentalement les paragraphes dans le bon ordre, comme dans Pulp Fiction. Je disais donc que j'avais trouvé un endroit où vivre: une chambre magnifique dans une grande maison. La chambre dispose d'une énorme fenêtre de type fenêtre à l'anglaise, orientée plein est dans un quartier résidentiel bobo. Mon adresse est le 593 Bathurst St., Toronto, ON M5S 2P8.

Je l'ai donc fêté, hier soir, avec mes amis internationaux. On a bouffé un énorme plat de fajitas à moitié prix, puis on a bu diverses bières. On est tombé par hasard sur un concert de country music vraiment coolos. Une bonne soirée donc, mais un réveil horrible. Maintenant je pense que je suis sur le point de mourir, j'ai une angine et j'aime pas ça. Mais je me répète.

Peut être devrais-je arrêter de rédiger mes articles en plusieurs fois sans relecture, je me répèterai moins et ce serait plus cohérent. Avec ma carte UHIP, l'équivalent canadien de notre carte vitale mais sans puce, non plastifiée et coûtant 460 dollars, je suis allé acheter des médicaments. Je pensais qu'ici l'auto-médication était facile ici, mais non: sans ordonnance on peut pas acheter grand chose. Je me suis donc contenté de bonbons à sucer pour la gorge et de sirop pas vraiment adapté à ce que j'ai. Heureusement une réduction pour les étudiants de U of T a ramené le tout à 14$, ce qui est pour une fois pas malhonnête.

Sinon j'ai commencé les cours aussi, j'en suis pas mécontent, je vous raconterai plus tard.

10 sept. 2011

Dans la dèche à Uni et à Yonge

En fin de compte c'est sacrément chiant de tenir un blog: plus t'as de choses à raconter et moins t'as de temps pour les raconter. Surtout quand t'as pas de wi-fi là où tu loges et que tu dois chercher le Starbuck's ou Tim Hortons du coin qui acceptera de t'en prêter un peu (en échange d'une boisson à $5, mais passons).

Bref ça fait une semaine que je suis arrivé à Toronto. C'est très facile de se repérer dans la ville, c'est tout carré et une fois les 5/6 grands axes mémorisés tu peux t'en sortir à tous les coups. Moi, pour mémoriser les grands axes, j'ai choisi de galérer pour mon logement. C'est pratique, ça te fait visiter la ville, découvrir de nouveaux quartiers.

Jusqu'à présent j'ai visité toutes sortes d'endroits: des taudis très chers, des taudis pas chers (en général des basements), des trucs bien mais réservés aux filles (les hommes sont tous des prédateurs, vous comprenez). Mais je suis toujours officiellement à la rue. Et c'est un problème d'être à la rue à Toronto, vu que l'été indien est un mythe et que je suis déjà en pull toute la journée.

Sinon mes journées sont surtout composées d'ennui. Passées devant un écran d'ordinateur avec la migraine, à copier-coller des mails à toutes les annonces intéressantes trouvables sur Craigslist, Kijiji, Easyroommate, Viewit, le Housing Services de U of T.. Pour me détendre, heureusement, la Frosh Week de Vic propose toutes sortes d'activités comme des soirées sur un bateau faisons 15 fois l'aller retour devant Toronto (magnifique cela dit la nuit) en 3 heures, avec pour seule collation de l'eau. 

Du coup je me suis fait des potes aussi, c'est bon pour le moral. Les gens sont très gentils, vraiment sympas, souvent intéressants. Le problème, c'est qu'une grande partie d'entre eux sont en plein découverte de la vie universitaire, la liberté, pas de parents, l'alcool. Le résultat, c'est qu'on se croirait au collège. Qui a la plus grosse? Celui qui boit le plus. 

Mais le gros paradoxe, il est évident, c'est que si tout le monde veut absolument connaître la débauche et vivre la folle vie à la american pie, mais il faut quand même se protéger contre le sexual assault ! Ainsi faire la bise à une fille, c'est totalement du sexual harassement, et c'est très mal. Alors on sert la main. C'est la première fois de ma vie que je serrai la main à une fille. Awkward moment.

Mercredi il y avait la Club's Fair (je suis pas sûr du nom). Imaginez un peu notre reconnaissance des assos, avec 3 ou 4 fois plus d'assos. Du coup je me suis inscrit dans pas mal de clubs bien coolos, comme le Ski and Snowboard Club, le Rock Climbing Club, le French Club et le Lipdub Club. Et je suis allé le lendemain à une soirée dans un bar organisé par le French Club (qui n'est pas composé de Français mais simplement de gens qui aiment la culture française, c'est à dire le sexe), c'était assez dingue.


Le même soir j'ai également participé aux Traditional Ceremonies de Victoria College. Laissez moi vous expliquer: en gros U of T est composé de plusieurs collèges, et Victoria University est le plus riche/classe. On a un campus à part, des avantages particuliers, un esprit bien supérieur aux autres et on cultive cela. Bref, ce soir là se tenait les cérémonies d'intronisation en quelque sorte des nouveaux membres masculins de Victoria. C'était très tradi, on aurait presque dit une secte. Mais ça marche, et je ne peux vous en parler puisque c'est secret.


Je suis sur un banc dans le campus de Vic actuellement, et y'a des mariés qui prennent leurs photos. Je dois me décaler. Je vous raconterai d'autres choses plus tard.